Aquatinte

L'aquatinte ou aquateinte est un procédé d'eau-forte par lequel on obtient différentes tonalités par la morsure, plus ou moins prolongée, dans un bassin d'acide, d'une plaque de métal recouverte d'une couche de résine ou de bitume en poudre.



Catégories :

Dessin - Gravure - Imprimerie - Artisanat

Définitions :

  • technique de l'eau-forte qui produit des zones de ton texturé, ou grain, sur la planche ; le grainage négatif est plus fréquemment réalisé en saupoudrant la planche de résine qui adhère au métal en le chauffant ; la planche est alors mordu avec une solution d'acide (le mordant), qui attaque le ... (source : maitres-des-arts-graphiques)
Aquatinte de Karl Bodmer (1841)
Ambroise Louis Garneray : Vue de Gênes (1810 ca. )

L'aquatinte ou aquateinte est un procédé d'eau-forte par lequel on obtient différentes tonalités[1] par la morsure, plus ou moins prolongée, dans un bassin d'acide, d'une plaque de métal recouverte d'une couche de résine ou de bitume en poudre.

Technique

La planche[2] est en premier lieu poncée[3], puis décapée[4]. Le dos de la plaque et les tranches sont soigneusement protégés.

La plaque est recouverte de résine[5], par passage dans une boîte spécialisée[6]. La plaque est mise à plat dans la boîte et la porte est refermée. On laisse la résine se déposer pendant quelques minutes, suivant la densité souhaitée. La plaque est sortie de la boîte et passée sur une source de chaleur[7] pour faire fondre la poussière de résine. Il est aussi envisageable de déposer la résine avec une poupée de tissu poreuse[8] remplie de résine. Dans ce cas le dépôt est moins régulier et les grains seront déposés de façon plus compacte.

Le choix du grain est lié à l'effet souhaité :

La cuisson doit être particulièrement précise : le danger est que le grain s'écrase trop et par conséquent obture toute surface à l'acide. «On constate une bonne cuisson quand la teinte générale change : l'aspect duveteux de la poudre fait place à un demi-éclat, d'apparence soyeuse, laissant transparaître le métal.»[9]

La plaque peut alors être déposée dans l'acide, les zones devant rester blanches ayant préalablement été recouvertes par un vernis. L'acide attaque la plaque dans les zones que les grains de résine fondus n'ont pas occultés[10]. On obtient alors une grenure[11].

L'aquatinte permet d'obtenir des surfaces de gris à noir suivant le temps de morsure, la densité de résine déposée, la grosseur du grain, et les répétitions de grainage.

Après la morsure la plaque sera nettoyée à l'essence de térébenthine. Pour que l'encre pénètre bien on aura soin de huiler les grenures et de tiédir la plaque. L'essuyage doit se faire tout en douceur et de façon uniforme[12]. Il est proscrit de finir l'essuyage par un paumage au blanc d'Espagne, par contre un dernier essuyage au papier de soie sert à donner à la grenure un aspect velouté.

L'estampe peut ensuite peut-être être colorée[13], comme dans le cas du livre Les Oiseaux d'Amérique.

Historique

Au départ de l'aquatinte, on retrouve au XVIIe siècle, un procédé dénommé en manière de lavis.

Cependant, il faut attendre le XVIIIe siècle pour que l'aquatinte comme procédé soit mis au point. En juillet 1762, François-Philippe Charpentier annonce la création d'une machine «propre à graver dans la manière qui imite le bois»[14]. En 1780, le graveur français Jean-Baptiste Le Prince peaufine la technique de l'aquatinte[15]. Ces découvertes ne rencontrent que peu d'enthousiasme dans le monde des graveurs français. Il faut attendre la fin du XVIIIe siècle et quelques modifications[13] pour que l'aquatinte intéresse.

De façon paradoxale, c'est l'essor de la photographie qui va relancer la technique de l'aquatinte[16].

Bibliographie

Liens externes

Notes

  1. «l'objectif est d'obtenir, à l'impression, des valeurs à la manière d'un lavis, d'un pointillé ou d'un tramé» André Béguin
  2. «nom donné à la plaque métallique qui, une fois gravée, servira d'éléments d'impressions.» André Béguin
  3. «le métal maté retient mieux les préparations et permet aussi les demi-teintes plus nuancées» André Béguin
  4. toute trace de graisse est un obstacle à une aquatinte idéale.
  5. on utilise le copal, la colophane, ou le sandaraque : on peut utiliser le bitume qui a l'avantage de moins s'écraser à la cuisson et de donner de très beaux noirs.
  6. Cette dernière sert à répandre la résine par un dispositif de manivelle. L'action de la manivelle vaporise la poussière de résine à l'intérieur du volume de la boîte
  7. réchaud, plaque chauffante (appelée aussi gril, chaufferette ou fourneau).
  8. ou d'un sachet ayant plusieurs épaisseurs de mousseline (entre 2 et 6). On peut «selon une méthode rapide, faire tomber le grain d'une brosse dont on gratte les poils.» André Béguin
  9. André Béguin : Dictionnaire technique de l'estampe, Bruxelles, 1977
  10. l'attaque se fera sous forme de pointillés
  11. à ne pas confondre avec le grené obtenu à l'impression
  12. il faut totalement éviter le retroussage qui rendrait complexe des tirages réguliers.
  13. à préciser
  14. annonce parue le 10 juillet 1762 dans l'Avant-Coureur
  15. mémoire présenté à l'Académie Royale de Peinture et intitulé «Plan du Traité de la gravure au lavis.»
  16. surtout l'héliogravure au grain mise au point par Karl Klietsch

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/12/2010.
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