Calligraphie

La calligraphie est, étymologiquement, l'art de bien former les caractères d'écriture. Ce mot provient des radicaux grecs κάλος et γραφεĩν.



Catégories :

Arts graphiques - Art et écriture - Calligraphie

Définitions :

  • calligraphier - Écrire des lettres, ou des symboles, de manière esthétique (source : fr.wiktionary)
  • Art de bien former les lettres de l'écriture. Les pays musulmans et asiatiques ont spécifiquement développé cet art. (source : arts-plastiques.ac-reunion)
  • Art du tracé manuel de la lettre. (source : imp-moderne)
Calligraphie occidentale moderne

La calligraphie est , étymologiquement, l'art de bien former les caractères d'écriture. Ce mot provient des radicaux grecs κάλος (kálos, «beau») et γραφεĩν (grapheîn, «écrire»). Presque l'ensemble des civilisations qui pratiquent l'écriture ont développé un art de la calligraphie. Cependant, certaines d'entre elles l'ont élevé à un statut spécial selon contextes historiques ou philosophiques spécifiques.

Dans plusieurs civilisations orientales la calligraphie fait partie des sciences occultes, hiérurgie (la pensée, le pinceau, le trait et l'idée philosophique sont indissociables). Elle est aussi en occident l'art des moines copistes, mais également de grands calligraphes chargés de contribuer au prestige des souverains et de l'aristocratie.

Calligraphie latine

Calligraphie textura dans une Bible latine de 1407, exposée à Malmesbury Abbey, Wiltshire, Angleterre

La calligraphie latine est associée à l'histoire de l'écriture en Europe avant et après l'utilisation de l'imprimerie et sur la base de l'alphabet latin des Romains. Les manuscrits (pratique de la copie manuelle d'un ouvrage) ont poussé à pratiquer l'écriture comme un art en y associant fréquemment l'enluminure ou l'illustration. Elle a connu une évolution constante. Progressivement sont nées de nouvelles lettres (le V et le J), les espaces entre les mots, la ponctuation et l'emploi des majuscules et de titrages à partir des lettres décorées.

La pratique de la calligraphie latine est habituellement associée à la copie de manuscrits par les moines chrétiens. Pour eux, il s'agissait largement plus qu'un travail : c'était une forme de prière, qui était à la fois une louange et une ascèse. La calligraphie, qui nécessite — ne serait-ce que techniquement — une grande concentration, une sûreté des gestes acquise par une longue pratique, par conséquent une hygiène de vie pouvant effectivement aller jusqu'à l'ascétisme, en dehors même de toute considération spirituelle mais fréquemment associée de fait, était jusqu'à la fin du Moyen Âge une activité de religieux, comme les calligraphies non-occidentales.

Elle a évolué au gré des influences culturelles (la chancelière et la Renaissance), politiques (Charlemagne et sa caroline) et commerciales (la bâtarde flamande) et des innovations techniques (l'anglaise). Selon le support utilisé (cire, papyrus, parchemin et feuille), elle se pratique avec un style, un calame, une plume (plume d'oiseau, puis plume métallique), le pinceau plat ou pointu. L'écriture monumentale gravée sur la pierre, quelles que soient ses qualités esthétiques, ne peut être particulièrement assimilée à la calligraphie, dans l'impossibilité technique de pratiquer spontanément un «geste» calligraphique.

L'alphabet latin des débuts a donné naissance à une grande variété de variantes regroupées en familles (dont des branches mortes)  :

Exemple d'une police de caractère typographique imitant l'écriture calligraphiée à la plume

L'arrivée de l'imprimerie et de la presse de Gutenberg veut dire la fin des manuscrits dans les livres. À cette époque, la calligraphie latine influence tour à tour les premiers caractères en plomb (la première bible de Gutenberg, en gothique textura ; les bâtardes gravées de Geoffroy Tory), puis subit à son tour son influence (anglaise ou copperplate en anglais, qui veut dire «plaque de cuivre [gravée]»). Elle a cependant continué d'être enseignée à l'école jusqu'au milieu du XXe siècle avec l'écriture à la plume fine, ses pleins et ses déliés, sur la base d'une ronde ou d'une anglaise simplifiées.

La calligraphie a été pratiquée en permanence jusqu'à la naissance de la mécanographie : l'ensemble des actes publics et privés, les édits royaux, les traités, étaient écrits à la main. Chaque souverain se devait de nommer un ou plusieurs maîtres écrivains, une belle calligraphie étant tout comme d'autres arts une manifestation de prestige.

L'enseignement de l'écriture réduit au minimum, puis le traitement de texte l'ont faite disparaître de la vie courante, mais elle reste le lieu d'une recherche graphique plus qu'active actuellement, avec la naissance de nouveaux styles, comme la «gestuelle», l'utilisation d'outils fabriqués (foldedpen) et l'utilisation de techniques mixtes. Notons que si elle est détrônée par la typographie, grande pourvoyeuse de nouvelles polices d'écriture, elle sert fréquemment d'inspiration à celle-ci, puisqu'on trouve nombre de polices imitant la calligraphie manuelle (police Choc de Roger Excoffon, inspirée des coups de pinceau de la calligraphie orientale ; police Zapfino, inspirée de l'écriture «à la plume», du typographe Hermann Zapf).

Actuellement, elle est présente partout autour de nous, dans la publicité, les logos, les étiquettes de produits, les enveloppes (art postal), mais également sur les murs (graffiti) etc.

Une des dernières pistes de recherche actuelles de la calligraphie s'exprime à travers le lightgraff, ou calligraphie lumineuse.

Calligraphie extrême-orientale

Articles détaillés : Calligraphie extrême-orientale et Styles calligraphiques chinois.
Calligraphie d'Iris Yawén Hsú (???)
Retraité chinois calligraphiant les classiques avec de l'eau

Développement

La tradition veut que les caractères chinois aient été découverts par Cang Jie (∼2650). Ses compositions étaient fondées sur l'observation de la nature, c'est pourquoi on disait qu'il avait deux paires d'yeux. Une autre tradition fait remonter l'invention des caractères à Fuxi, le légendaire premier empereur.

La calligraphie chinoise est le fondement de l'art chinois au sens moderne du terme, la beauté visuelle des idéogrammes, la technique sur laquelle elle s'appuie et les enjeux plastiques qui y sont liés incarnent la totalité des préceptes métaphysiques de la culture chinoise. Elle est devenue un art majeur.

L'écriture chinoise est une transcription directe de la pensée sans l'intermédiaire des sons. L'ensemble des mots sont monosyllabiques, chaque signe représente une idée et la langue écrite peut être lue dans l'ensemble des langues de la Chine. Si la langue graphique codifiée existe depuis 4 000 ans, les idéogrammes de la langue classique chinoise existent depuis presque 3 000 ans (VIe siècle avant Jésus-Christ) et c'est vers 210 avant Jésus-Christ que Li Sseu déclarait : «Dans l'écriture d'un caractère ce n'est pas uniquement la composition qui importe, c'est aussi la force du coup de pinceau. Faites que votre trait danse comme le nuage dans le ciel, quelquefois lourd, quelquefois léger. C'est uniquement tandis que vous imprégnerez votre esprit de ce que vous faites et que vous arriverez à la vérité.»

La calligraphie est la forme d'art la plus caractéristique de l'aire culturelle chinoise, et les styles de peintures respectant les traditions en sont directement issus. Elle est à l'origine même de l'art au sens occidental du terme, la création plastique étant indissociable des visées utilitaires de l'écriture, car la calligraphie fait partie de l'écriture.

L'art de la calligraphie, dans le bouddhisme Chan, ressemble à la méditation transcendantale.

Outils

La calligraphie Est-asiatique à pour outils les «Quatre trésors du lettré» :

Jeux de caractères

La nature non phonétique des sinogrammes entraîne un répertoire graphique quasi illimité (10 516 caractères sont répertoriés en 121 et plus de 40 000 le sont dans l'édition de 1717), car l'imprimerie, d'origine chinoise, loin de freiner l'usage du pinceau, a contribué à la diffusion des répertoires de styles calligraphiques et de leur pratique[réf.  nécessaire]. Tout ceci explique en grande partie l'équivalence entre écriture et art en Chine.

Calligraphie arabe

Article détaillé : styles calligraphiques arabes.
Folio de Coran en coufique, XIe siècle

L'utilisation de l'écriture comme un art est l'une des composantes les plus caractéristiques des arts de l'Islam.

L'arabe est la langue de la révélation coranique pour la religion musulmane. Cette langue se diffuse particulièrement rapidement dans tout le monde islamique, au cours de la conquête musulmane. L'écriture fait de même, puisque particulièrement tôt, le Coran est recopié, et l'écrit devient un des principaux moyens de diffusion du message religieux. Si la langue est à la fois un outil liturgique, de communication et de transmission de savoir, l'écriture possède par conséquent, parallèlement, une triple fonction : religieuse, utilitaire et ornementale. L'écriture fluctue selon la nature et la destination des écrits et des supports.

On compte de nombreux styles calligraphiques, divisés en deux grandes catégories : le kufique, aux caractères angulaires, qui naît particulièrement tôt avec l'écriture hijazi des premiers Corans et se développe, tant en Égypte qu'en Iran et le cursif, aux caractères déliés. Ces deux grands types fluctuent beaucoup, selon le pays et l'époque où ils sont employés. On peut citer par exemple, pour les calligraphies angulaires, le kufique tressé, où les hampes se mêlent, ou encore le kufique animé, dont les lettres se terminent par des visages humains et animaux. Dans les cursifs, on distingue généralement six styles canoniques :

Pour les langues étrangères à l'arabe (persan, turc, berbère, ourdou, croate ou encore swahili), d'autres styles se développent, comme le nasta'lîq, écriture inclinée, mélange du naskhî et du ta'lîq, qui sert surtout dans les manuscrits persans.

La déclinaison en un vaste corpus de calligraphies n'empêche pas une unité rarement présente dans le reste de l'art islamique : l'écriture est par conséquent un symbole fort d'unification et de distinction, qui mène quelquefois à la création de pseudo-calligraphies, illisibles, mais marqueurs forts d'une identité islamique.

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/12/2010.
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