Coupure de mot

En typographie et en orthographe, la coupure de mot, quelquefois nommée aussi césure, est l'opération qui consiste à couper en fin de ligne un mot qui n'entrerait pas dans la justification.



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En typographie et en orthographe, la coupure de mot, quelquefois nommée aussi césure, est l'opération qui consiste à couper en fin de ligne un mot qui n'entrerait pas dans la justification. Cette «coupure» obéit à des règles bien précises qui fluctuent d'une langue à l'autre. La majorité des logiciels de traitement de texte et de mise en page comportent un tel programme de césure.

Règles

Présentation de la coupure

La marque de cette césure est le trait d'union, qu'on place en fin de ligne mais jamais au début. Par exemple :

et toujours, je ne parle pas là de cou-
pure mais de division.

Dans le cas d'une justification à droite ainsi qu'à gauche du texte, le trait d'union inséré à la position de coupure d'un mot apparaît dans la largeur de la colonne de texte, mais jamais en marge.

De même on ne sépare aucune des ponctuations attachées au mot (la coupure se fait après l'espace qui les sépare du mot suivant, cette espace étant alors réduite à une largeur nulle en cas de justification à droite ainsi qu'à gauche de la ligne). La coupure sur ces espaces ne fait apparaître aucune coupure de mot, par conséquent aucun trait d'union de césure n'est indispensable.

Le trait d'union de césure préserve les options de style applicables au mot orthographié, en adoptant sa typographie (il sera par conséquent gras ou maigre, droit ou italique, souligné, biffé, surligné, et dans les mêmes couleurs que les caractères du mot où il est inséré).

D'une façon générale, on ne coupera jamais de manière à ne laisser qu'un seul caractère du mot en début ou fin de ligne, car le trait d'union ajouté ne le justifierait pas. Si on ne peut couper ailleurs, le mot entier sera renvoyé à la ligne. Souvent, les règles typographiques imposent des longueurs minimales de coupure plus élevées (consulter les exemples ci-dessous), à moins que la colonne de texte soit si étroite qu'il est impossible d'y faire tenir le mot entier.

En Italie la césure s'indique par le soulignage de la lettre avant la césure.

Règles linguistiques

La séquence de césure s'effectue selon le découpage syllabique, en essayant si envisageable de couper entre préfixes et radicaux. Les règles de césures ne seront par conséquent pas les mêmes en castillan, par exemple, dont la syllabation suit d'autres contraintes.

Règles relatives à l'apostrophe d'élision

On ne coupe jamais à la position d'une apostrophe (même si elle apparait à la jonction de deux mots), car elle marque aussi l'élision partielle de la fin d'un premier mot dont les dernières lettres participent avec les premières lettres du mot suivant à la même syllabe prononcée.

Occasionnellement, elle apparait même dans l'élision interne au milieu d'un même mot, ou quand ce sont les premières lettres du mot suivant qui ont été élidées. Et là aussi, la coupure est proscrite.

Règles relatives au point médian

En catalan, le point médian (·) joue le rôle d'un tiret de césure faible visible et celui d'un signe diacritique. Il apparait au milieu des mots même non coupés, surtout entre deux'l'prononcés de façon géminée, et marquant aussi la position d'une séparation syllabique, lorsqu'il est indispensable de le distinguer du cas du trigramme ill prononcé dans une diphtongue (comme en français) ou digramme ll marquant un l palatal, qui est écrit sans point médian.

Ce point médian joue le rôle d'un signe diacritique pour le premier l du doublet l·l, et est fréquemment indenté horizontalement dans le cas du doublet L·L pour préserver l'écartement typographique standard entre les deux L majuscules (ce qui fait clairement apparaître son caractère de signe diacritique modifiant la première lettre du doublet, et lui confère son caractère orthographique).

Lorsque un point médian (orthographique) est présent au milieu d'un mot, marquant clairement une séparation syllabique, et si la coupure peut avoir lieu, on le remplacera par un trait de césure, ou bien on insérera le tiret de fin de ligne juste après le point médian, avec une typographie que les fera se confondre. Par contre, entre deux l non précédé d'un i, on a toujours une gémination, et la position de césure envisageable n'est jamais marquée orthographiquement et se fera de la façon usuelle. Ainsi avec le mot famil·lia :

... famil·-
lia...

Pour ces raisons le point médian ne peut jamais être utilisé en catalan comme signe de ponctuation séparant deux mots, sans l'encadrer d'une espace de chaque côté (dont la première devrait être insécable au contraire de la seconde). Cette règle typographique devrait aussi être observée en français et dans les autres langues.

Difficultés, ambiguïtés et cas des ligatures

Il existe en français au moins un mot (plus précisément, deux homographes) qui doit être coupé différemment selon son sens ou sa nature grammaticale : «malaise» se coupe en mal-aise s'il s'agit du nom masculin qui sert à désigner un état de désagrément ou de gêne passager, mais en ma-laise s'il s'agit du nom féminin (gentilé) ou de l'adjectif relatif à la Malaisie.

Le esszett en allemand (lettre minuscule unique issu de la ligature d‘un s long et d'un second s normal) se coupe en s-s. Cela a mis en échec plusieurs exits de traitements de texte vers des programmes de coupure externes (add-ons). Les interfaces ne prévoyaient nullement qu'on pût leur rendre plus de signes après la coupure (hormis le tiret)  !

Il en existe aussi une version comme lettre capitale, qui se coupe en S-S par exemple quand il apparait au milieu d'un long mot écrit en capitales. Le débat sur la forme à adopter pour cette ligature majuscule n'a abouti que récemment (depuis son codage informatique).

Le esszett possède d'autres interprétations dans d'autres langues d'Europe centrale comme le hongrois, où il représente une ligature des lettres sz (ou SZ pour la ligature majuscule). Si la langue ne peut être déterminée, le esszett ne pourra pas être coupé de façon valide avec certitude.

D'autres ligatures minuscules ou majuscules (dont certaines autres basées sur le s long) existent aussi, mais elles sont typographiques seulement et peuvent toujours se décomposer dans leurs composants. (Ces ligatures peuvent être produites automatiquement par les moteurs de composition de page, et les règles relatives à leur césure autorisée ou non peuvent aussi être contrôlées dans les logiciels aussi de la même façon que dans le cas des autres digrammes ou trigrammes).

Exemples

Dans les exemples ci-dessous, le signe moins (-) indique la césure autorisée, la barre de fraction (/) indique la césure interdite ; les positions de césures autorisées mais non recommandées sont indiquées par un signe deux-points ( :).

Mots composés

Dans les mots composés utilisant déjà le trait d'union, l'unique coupe envisageable est au trait d'union lui-même, sans insérer de trait d'union supplémentaire :

... dans son gros porte-
monnaie.
... Au printemps, le rouge-
gorge...

Dans les composés avec un tiret demi-cadratin mais sans traits d'union, la coupe est envisageable après ce tiret demi-cadratin, sans insérer de trait d'union supplémentaire :

Lorsque traits d'union et tiret demi-cadratins sont présents ensembles, la coupure n'est envisageable qu'après ces caractères, sans insérer de trait d'union supplémentaire (et préférablement après un tiret demi-cadratin avant tout autre trait d'union)  :

Coupes qu'il vaut mieux éviter

La césure relève de certaines règles afin d'éviter des césures malheureuses.

Pour les mots dérivés à affixes, on songera en premier lieu à effectuer la césure à la jonction du lexème des affixes en question :

  • trans-ac :tion
  • cis-al :pin
  • at :mo-sphè :re
  • an :ti-gè :ne
  • ho :mo-gè :ne
  • an :ti-cons :ti :tu :tion :nel :le :ment

On évite aussi de ne laisser que deux caractères en début ou fin de ligne :

Il est recommandé en outre d'éviter d'effectuer plus de trois césures successives (cette règle n'est pas stricte, dans des colonnes étroites de texte justifiées à droite ainsi qu'à gauche, il est quelquefois complexe de faire autrement sans produire des espacements entre mots ou entre caractères, trop grands pour être aisément lisibles sur la même ligne ou pour faire apparaître clairement les espaces de séparation entre les mots).

Informatique

La plupart des logiciels de traitement de texte et de mise en pages comportent un programme de césure automatique s'adaptant à la langue du texte. Mais en l'absence d'un tel logiciel, les coupures automatiques seront complètement évitées, sauf si la langue ou l'écriture l'y autorise.

Le caractère Unicode U+00AD est un trait d'union conditionnel permettant d'indiquer l'emplacement d'une césure envisageable dans un mot. En HTML ou SGML, ce caractère peut être indiqué par l'entité de caractère ­. Le nom shy est un acronyme pour soft hyphen en anglais ; c'est aussi un rétro-acronyme, puisque shy veut dire «timide». Or, le trait d'union «conditionnel» peut être appelé discretionary hyphen, «trait d'union discrétionnaire», qui évoque discret. C'est le trait d'union discret, qui se cache.

D'une façon générale :

Dans le cas du esszett allemand :

Des caractères ligaturés sont utilisés dans d'anciennes transcriptions en alphabet phonétique international, où le même caractère codant le esszett allemand était utilisé mais comme caractère ayant valeur de symbole unique. La norme API actuelle a rendu ces ligatures obsolète, et privilégie l'écriture des symboles scindés, et liés par un tirant long suscrit (reconnu comme un signe diacritique «double», encodé en Unicode juste avant le second caractère de base). L'API possède un symbole qui est comparable à un esszett, mais il est toujours insécable et codé différemment : il s'agit en fait de la lettre latine bêta minuscule (distincte aussi de la lettre grecque dans les textes encodés avec Unicode).

Anecdotes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/12/2010.
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