Filigrane

Un filigrane est un dessin qui apparaît sur certains papiers lorsque on les regarde avec une certaine transparence. Cependant, ce terme provient de l'orfèvrerie et non de l'industrie papetière.



Catégories :

Dessin - Papier - Matériel d'écriture - Faux-monnayage - Plagiat et contrefaçon

Définitions :

  • Ouvrage d'orfèvrerie travaillé à jour et constitué de fils métalliques; Lettres ou figures de cuivre qu'on fixe sur la forme à fabriquer le papier et dont la marque est visible dans la feuille de papier; Cette marque elle-même (source : fr.wiktionary)
  • marque du fabricant de papier laissée sur la feuille et le plus souvent visible par transparence. (source : auroraelibri)
Filigrane des timbres des colonies britanniques des années 1880 aux années 1920.

Un filigrane (du latin filum, fil, et granum, grain) est un dessin qui apparaît sur certains papiers lorsque on les regarde avec une certaine transparence. Cependant, ce terme provient de l'orfèvrerie et non de l'industrie papetière.

Bijouterie antique

Ce sont de minces fils de métal, en or ou en argent, torsadés ou pas, soudés sur une plaque de métal ou entre eux. La filigrane produit un effet de «broderie». L'orfèvrerie étrusque en usa depuis sa période orientalisante.

Le terme de filigrane sert à désigner aussi le fil qui court le long de la poignée des sabres ornés.

Papeterie

En fabrication artisanale, cet effet est obtenu dès la formation de la feuille par une diminution locale de la quantité de fibres ; Il y a deux sortes de façon d'opérer. Il faut savoir que le filigrane dans la feuille est constituée grâce au rouleau égoutteur (pour une machine table plate), ou à la forme ronde. On travaille par conséquent sur les «toiles fines», qui sont sur toute la surface du rouleau (ou de la forme).

Le filigrane «au trait» est obtenu quand on a soudé des fils de cuivre sur cette toile. Ces fils font des «clairs» dans la feuille, qu'on retrouve par transparence dans le papier. Utilisé le plus souvent pour des dessins sans relief, ou des textes simples.

Le deuxième type de filigrane, nommé «ombré» est obtenu quand on a «embossé» cette toile. On grave un poinçon en deux parties, mâle et femelle, et on applique le relief à la toile en «écrasant» la toile entre les parties du poinçon. Cette méthode est utilisée quand le dessin du filigrane est complexe, lorsqu'il y a du «noir», ou quand le dessin comporte «plusieurs épaisseurs».

Si les premiers filigranes permettaient aux papetiers d'apposer une marque personnelle sur leur production, ce procédé est en particulier utilisé pour les possibilités particulièrement élaborées de garantie de l'authenticité de documents officiels (papier-monnaie, timbres, papiers d'identité, etc). Depuis 2000, les ordonnances rédigées en France par les médecins sont sécurisées par des filigranes.

Des motifs de filigrane ont donné leur nom à des formats de papier : une grappe de raisin pour le format raisin (50 cm x 64 cm), même chose pour cloche, couronne (36 cm x 40 cm), jésus (56 cm x 72 cm)...

Usages des filigranes

Un filigrane présente le double avantage d'être une marque difficilement falsifiable et de ne pas altérer le document lui-même, pouvant même former un élément de raffinement. Ces avantages lui confèrent la fonction de métadonnées avec leurs multiples usages envisageables.

Le filigrane peut jouer le rôle d'état civil du document en précisant les paramètres de la fabrication : lieu (moulin à papier, marque du fabricant (initiales ou nom du papetier) ), date... Il peut aussi informer sur le type de papier : son format et sa qualité (dès le XIVe siècle en Italie).

Des sociétés proposent des papiers avec un filigrane individualisé, évoquant par exemple l'identité ou le logo de l'entreprise. Les documents sont mis en valeur et présentent une certaine garantie d'authenticité.

Par généralisation, on parle de filigrane pour des informations importantes mais invisibles dans des conditions ordinaires (voir stéganographie).

Comme métadonnées primitives, les filigranes peuvent être étudiés par l'historien en premier lieu en eux-mêmes, et ensuite comme base d'identification et de critique des sources.

Histoire des filigranes

Le premier filigrane - une croix grecque - a été identifié sur un papier fabriqué en Italie (Fabriano) en 1282, les papiers provenant d'Orient ou du monde arabe n'en possédant pas.

Guère plus d'un siècle plus tard, les papetiers italiens doivent utiliser des filigranes pour l'identification des papiers de qualité.

Les filigranes furent rendus obligatoires en France par Louis de Tignonville, bailli de Troyes, en 1398, et Charles VI, en 1409.

Longtemps la base des filigranes était réduite à une figure simplifiée inspirée par le contexte culturel : motifs religieux (symboles), naturels (animaux réels ou imaginaires, végétaux), militaires (armes) et autres métiers (outils). Rapidement, au XVe siècle, des tentatives de falsification et des exigences de normalisation, ont entraîné des sophistications des représentations comme l'indication de l'identité du fabricant (édit d'Henri III en France).

La tradition des filigranes s'interrompt au cours du XIXe siècle avec la naissance des machines à papier en continu jusqu'à ce que la technique soit en mesure de remplacer efficacement le principe du fil de laiton.

En 1862, la Banque de France produit en filigrane ombré le premier filigrane représentant une tête humaine. Un siècle plus tard, les filigranes sont sans cesse plus raffinés pour dissuader les falsificateurs qui disposent d'importants moyens techniques.

La Grande-Bretagne, ses colonies ou l'Allemagne ont beaucoup fait appel aux filigranes pour leurs timbres mobiles postaux et (ou) fiscaux.

Quant à la France, elle a beaucoup utilisé ce procédé de sécurisation sur ses entiers fiscaux (papiers timbrés), de même que l'Allemagne.

Par contre la France y a particulièrement peu eu recours pour ses timbres mobiles. Cela ne s'est produit dans les années 1870, où certaines feuilles de timbres rassemblées à la hâte pour imprimer les premières émissions de la IIIe République, en vue de remplacer les timbres du Second Empire déchu, ont comporté dans l'un de leurs coins la marque de produit en filigrane, à cheval sur plusieurs timbres. Voici, à cet égard, le filigrane «Lacroix/ Frères», commun à plusieurs timbres mobiles postaux et fiscaux de cette époque, et le Filigrane «T. C.» rencontré alors sur certains timbres fiscaux. (Ces deux filigranes sont illustrés clairement sur le Catalogue Yvert des Fiscaux de France de 2004) .

Bibliographie

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/12/2010.
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