Gravure sur bois

La gravure sur bois est l'art ou technique de gravure qui utilise le bois comme support. Il s'agit peut-être de la plus ancienne technique de gravure de reproduction.



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Arts graphiques - Imprimerie - Gravure

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  • Techniques d'estampe. La gravure sur bois. La gravure sur bois de fil compte parmi les premières techniques d'impression datant de la fin du XIVe siècle.... (source : gallery)
  • Materiel propre à la technique de la gravure sur bois. Le bois à graver ne doit être ni trop tendre, ni trop poreux, ni noueux. On doit choisir des espèces... (source : eauforte)
  • Une technique de gravure sur bois simple qui utilise des matériaux et instruments, aisément disponibles, appliquée aux camélias. (source : francois-murez)
Les cavaliers de l'Apocalypse par Dürer
Gravure d'un bloc

La gravure sur bois est l'art ou technique de gravure qui utilise le bois comme support. Il s'agit peut-être de la plus ancienne technique de gravure de reproduction.

On l'appelle aussi xylographie, qui a le sens étymologique de «écriture sur bois», mais la tendance est de réserver ce terme aux gravures sur bois antérieures à l'invention de l'imprimerie, ce qui inclut des textes gravés, accompagnés ou non d'illustrations ou d'ornementations.

Les débuts de la gravure sur bois en Occident

Le plus ancien bois gravé connu à ce jour en Occident est le Bois Protat, découvert fin 1899 près de l'abbaye de La Ferté-sur-Grosne (Saône-et-Loire). Une face, bien conservée, représente un détail d'une scène de La Crucifixion ; le revers concerne quant à lui L'Annonciation. Selon toute vraisemblance, ce bois retrouvé ne représente qu'un tiers ou un quart de la totalité de l'œuvre, qui était sans doute conçue pour imprimer sur soie. Jules Protat (1852-1906), imprimeur et collectionneur mâconnais qui fit cette découverte et lui donna son nom, en tira une épreuve qu'il montra à l'occasion de la rétrospective de la typographie, dans le cadre de l'Exposition Universelle de Paris. Puis il la présenta à Henri Bouchot, alors conservateur du Cabinet des Estampes à la Bibliothèque Nationale, qui entreprit des recherches lui servant à dater l'objet aux environs de 1370, et lui consacra un ouvrage (voir Bibliographie). Le Bois Protat est resté un siècle dans la famille de son inventeur, avant d'être offert au même Cabinet des Estampes.

La méthode d'origine de gravure sur bois fut développée vers 1400. Elle est plus exactement qualifiée de coupe de bois, parce qu'elle utilise un couteau comme outil principal, hormis les outils de gravure classique (gouges)  : l'esquisse du dessin à graver est inscrite avec un couteau sur le côté dressé lisse du bois et l'excès de surface du bloc de bois, hors des zones d'impression, est ensuite retiré. Cela laisse la totalité des surfaces de bois en épargne sur la face du bloc. Pour faire une empreinte de cette gravure, de l'encre est appliquée sur le dessin en relief. Finalement, une feuille de papier (ou d'une autre matière) est pressée résolument contre le bois et frottée pour assurer que l'ensemble des surfaces encrées s'impriment. Cette méthode s'est conservée en Orient pour l'estampe. En Occident, la mise au point par Gutenberg de la presse typographique à imprimer a conduit à utiliser celle-ci pour imprimer les gravures. La gravure sur bois étant un procédé d'impression en relief, comme la typographie, il est envisageable d'imprimer en même temps le texte et l'image (tandis qu'avec d'autres procédés, gravure sur cuivre ou lithographie, on devait employer deux dispositifs d'impression différents et par conséquent placer les illustrations en hors-texte).

Les gravures sur bois, dès l'origine, ont des sujets religieux, puis représentent des signes astrologiques, des proverbes, des maximes morales, les unes comme les autres jouant sans doute un rôle de protection, enfin une grande variété de thèmes populaires. Les gravures sont beaucoup diffusées par des colporteurs et «montreurs d'images». En outre, les dominotiers utilisent la gravure pour multiplier diverses impressions décoratives sur papier, sur tissu, et en particulier les cartiers pour les jeux de cartes. L'impression se fait en noir, la couleur étant ensuite appliquée manuellement ou au moyen de pochoirs, plus rarement en utilisant des impressions successives de bois gravés (un pour chaque couleur).

La gravure sur bois ne cesse pas d'être pratiquée par l'imagerie populaire, mais à partir du XVIIe siècle elle est concurrencée par les techniques de gravure sur cuivre, burin puis eau-forte, qui offrent une plus grande finesse de traits et des possibilités bien plus étendues, puis au XIXe par la lithographie.

Renaissance de la gravure sur bois

La gravure sur bois de bout

Bois de Thomas Bewick

La technique de la gravure sur bois a été redéveloppée, à peu près 350 ans plus tard, à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle avec les travaux de Thomas Bewick. Bewick réalisait le plus souvent ses gravures dans des bois (en général, du buis) plus durs que ceux normalement utilisés et gravait le bout d'un bloc plutôt que le côté, d'où le nom donné à cette technique, la gravure sur bois de bout (ou bois debout), le fil du bois étant perpendiculaire à la surface à graver, il n'oppose plus la direction de ses fibres, comme dans le bois de fil dans la gravure sur bois respectant les traditions. Trouvant le couteau inadapté pour travailler le grain des bois plus durs, Bewick utilisait l'outil de gravure utilisé pour le cuivre, le burin, ou la gouge qui possède un écartement en V. Graver le bois de cette manière produisait des images aux détails bien plus fins que la gravure sur bois de fil, et assez proches de celles produites en gravant sur les plaques de cuivre. Mais, contrairement aux gravures sur plaques de cuivre qui se détérioraient rapidement et qui étaient en particulier complexes à encrer, des milliers de copies pouvaient être imprimées en utilisant des blocs de bois gravés. Puisque les gravures sur bois utilisent l'empreinte en relief, tandis que les gravures sur métal utilisent la technique de taille-douce (impression en creux), elles pouvaient être utilisées sur des presses conventionnelles, qui avaient elles-mêmes connu des progrès mécaniques rapides lors du premier quart du XIXe siècle. Suite à l'innovation de Bewick ainsi qu'aux progrès de la presse, les illustrations d'art, les paysages, les processus techniques, les personnages célèbres, les territoires étrangers et de nombreux autres sujets se sont répandus.

Gustave Doré, La Bible, Création de la lumière, gravure par H. Pisan

Les innovations de Bewick furent reprises et perfectionnées par un groupe important de graveurs sur bois professionnels, chargés presque exclusivement, non de créer leurs propres œuvres, mais d'interpréter en gravure les dessins originaux des illustrateurs. En 1817, l'imprimeur Firmin Didot fait venir en France un spécialiste de la gravure anglaise, Charles Thompson. Trois livres illustrés avec ses bois sont publiés : un Rabelais (1820), La Fontaine (1826) et Bérenger (1827). Suite à Thompson, on voit naitre des graveurs français, Louis-Henri Brevière (1797-1869), Lavoignat, John Andrew, Jean Best et Isidore Leloir (l'Atelier ABL), Porret... Hippolyte Lavoignat incarne bientôt une première école française du bois de bout. Il sera suivi par Héliodore Pisan qui, lui, introduit une gravure de teinte, parvenant à rendre les nuances et les demi-teintes d'un lavis, ce qui permettra le parfait rendu des illustrations de Gustave Doré. Les travaux célèbres de Doré sont ainsi le résultat de la collaboration entre Doré et de talentueux graveurs sur bois : outre Pisan, François Pannemaker, Jacques Adrien Lavieille, Louis-Henri Brevière, Pierdon, Maurand, Bœtzel, Hébert, E. Deschamps, Dumont, Delduc, Fagnon, et bien d'autres[1].

L'illustrateur dessine directement sur le bloc de bois, le graveur n'ayant plus qu'à intervenir en interprétant avec sa technique propre les différentes nuances. Il arrive fréquemment qu'une gravure soit réalisée sur des morceaux scindés, chacun confié à un graveur différent, les blocs étant ensuite assemblés. On en vient, pour nuancer la profondeur des noirs, à intercaler entre la platine qui assure l'impression et le feuille de papier, un habillage de carton creusé ou renforcé par du papier collé, de façon à ce que la pression soit plus forte aux lieux de la gravure doit être plus noire, ou plus faible dans les zones claires. Cette pratique se nomme en France la mise en train. Thomas Bewick, déjà, avait mis au point une technique identique en abaissant un peu la hauteur du bois dans les zones les plus claires. À la fin du XIXe siècle, on interprète de la même façon des photographies et l'outillage des graveurs est extrêmement peaufiné (échoppes rayées ou vélos servant à graver des traits parallèles, et même des machines servant à favoriser le travail). Pour assurer les particulièrement grands tirages de la presse (jusqu'à 100 000 exemplaires), il est indispensable de multiplier les formes imprimantes : les bois originaux sont moulés dans du plâtre, et ces empreintes reçoivent un alliage de plomb typographique pour donner des clichés ou stéréotypes. Les procédés photomécaniques (similigravure) mettent progressivement fin à la gravure de reproduction. Une technique proche subsistera, nommée en France trait anglais, qui n'est plus de la gravure, mais du dessin sur carte à gratter, utilisé dans la publicité et l'illustration de presse tant qu'il sera indispensable de pallier la faible qualité de la similigravure et des papiers des journaux.

Renaissance de la gravure sur bois de fil

La Nuit, gravure de Félix Valloton

La fin du XIXe siècle voit la fin de la gravure sur bois de bout, définitivement supplantée par la photographie et ses dérivés, comme la similigravure. La virtuosité technique des graveurs a mené aux excès de la gravure de teinte, qui a perdu la fraîcheur et la spontanéité de la gravure sur bois originelle. Des graveurs artistes comme Auguste Lepère reviennent à une gravure sur bois de bout créative, mais ils demeurent des cas isolés. Paul Gauguin travaille toujours le bois de bout au burin, mais bien entendu dans un esprit radicalement différent. Les artistes préfèrent revenir à la gravure sur bois de fil, renouant avec les aplats francs et la simplicité, comme Félix Vallotton. La technique du bois de fil séduit par ses qualités expressives. Le peintre Edvard Munch emploie surtout un procédé de plaques découpées et assemblées comme un puzzle, pour expérimenter la polychromie et reproduire une même œuvre dans différents tons, bien avant Warhol ! Les Expressionnistes allemands vont aussi être séduits par l'aspect organique et spontané de la technique.

La gravure sur bois est désormais utilisée comme discipline artistique, et plus rarement pour créer des couvertures de livres, des éditions limitées pour les beaux-arts, des illustrations de livres et des maquettes commerciales.

Graveurs sur bois occidentaux célèbres

  • Antonio Abaco
  • Anders G. Aldrin
  • Alexandre Alexeïeff
  • Pierre Aubert
  • Georg Baselitz
  • Jacques Beltrand
  • Thomas Bewick
  • Robert Blanchet
  • Robert Bonfils
  • Simon Brett
  • John Buckland Wright
  • Carlègle
  • Jean Chièze
  • Paul-Émile Colin
  • Chris Daunt
  • André Derain
  • André Deslignères
  • Albrecht Dürer
  • Raoul Dufy
  • Andy English
  • Robert Gibbings
  • Démétrios Galanis
  • Paul Gauguin
  • Eric Gill
  • Georges Gimel
  • Ray Glœckler
  • Roger-Maurice Grillon
  • Gertrude Hermes
  • Paul Hermann
  • Jacques Hnizdovsky
  • Jim Horton
  • Blair Hughes-Stanton
  • Antoine Johannot dit Tony Johannot
  • Anatolii Kalashnikov
  • Anselm Kiefer
  • Jacques Adrien Lavieille
  • Hippolyte Lavoignat
  • John Lawrence
  • Peter Lawrence
  • Jean Lebedeff
  • Clare Leighton
  • Auguste Lepère
  • Aristide Maillol
  • Frans Masereel
  • Morin-Jean
  • Barry Moser
  • Edvard Munch
  • John Nash
  • Paul Nash
  • Emil Nolde
  • Henri Paillard
  • Garrick Palmer
  • François Pannemaker
  • Stéphane Pannemaker
  • Agnes Miler Parker
  • Monica Poole
  • Hilary Paynter
  • Héliodore Pisan
  • Marcantonio Raimondi
  • Gwen Raverat
  • Eric Ravillious
  • Peter Reddick
  • Henri Rivière
  • Gaylord Schanilec
  • Francois-Louis Schmied et Theo Schmied
  • Reynolds Stone
  • Charles Thompson
  • Félix Vallotton
  • Sarah van Niekerk
  • Gustav Vigeland
  • Hajime Watanabe
  • Jim Westergard
  • Ethelbert White
  • Anton Wœnsam
  • Christopher Wormell
  • Anders Zorn

Liens externes

Bibliographie

En français 
En anglais 

Filmographie

Notes

  1. Henri Leblanc (Catalogue raisonné de l'œuvre de Gustave Doré) a recensé à peu près 160 graveurs pour ce seul artiste.

Voir aussi

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/12/2010.
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