Machine à composer

En imprimerie, une machine à composer est une machine qui assemble les caractères en plomb conçus pour imprimer un texte, en se substituant à la composition manuelle respectant les traditions.



Catégories :

Imprimerie - Typographie

Machine de William Church
Machine de Kastenbein

En imprimerie, une machine à composer est une machine qui assemble les caractères en plomb conçus pour imprimer un texte, en se substituant à la composition manuelle respectant les traditions. Certaines de ces machines peuvent assurer la justification des lignes et la distribution des caractères après l'impression.

Données du problème

La composition typographique peut se résumer à trois étapes :

Historique

Les diverses inventions de machines à composer ont toutes vu le jour au cours du XIXe siècle, tandis que la presse typographique connaissait de grands bouleversements et que l'édition et la presse étaient en plein essor. Seule la composition restait quasiment inchangée depuis Gutenberg : l'ouvrier typographe levait la lettre dans une casse, la plaçait sur son composteur, justifiait la ligne, puis posait la totalité des lignes sur une galée avant de procéder à l'impression. Par la suite il fallait faire l'opération inverse, la distribution : reprendre chaque caractère et le replacer dans son cassetin. Les typographes avaient une grande dextérité dans ces mouvements, mais ces opérations manuelles demandaient tout de même énormément de temps et les mécaniser devint l'objectif d'imprimeurs ou de mécaniciens, si quoiqu'entre 1820 et 1925, près de 300 brevets furent déposés[1].

Des expériences ont lieu périodiquement pour accélérer la composition, à commencer par des «casses rationnelles», puis des logotypes, blocs comportant plusieurs caractères selon la fréquence d'association des lettres dans la langue (lettres doubles, triples ou quadruples). Mais ces innovations pèsent peu devant la longue expérience d'un ouvrier respectant les traditions. La tendance sera par conséquent aux machines de type «piano», avec un clavier qui commande la sélection du caractère par action d'une touche : le caractère se met en place dans un composteur soit par gravité, soit par l'action d'un mécanisme, d'un ressort ou même, comme dans une des premières versions de la Linotype, la Blower Linotype, par une soufflerie à air comprimé.

Premières tentatives (1815-1850)

Les premières machines, de type «piano», sont imaginées, en 1815 par l'Anglais Benjamin Forster, puis par le futur éditeur et philosophe Pierre Leroux en 1820, mais restent à l'état de projets.

Dans la totalité, les caractères sont stockés dans un magasin, l'action d'une touche les fait descendre dans un composteur, la justification reste manuelle et la distribution ignorée ou compliquée par le fait que chaque caractère doit être pourvu de crans ou d'encoches qui le fragilisent.

Machines à composer commercialisées

Dans la seconde moitié du siècle, apparaissent des machines qui sont effectivement utilisées par les grandes imprimeries :

Composeuses-fondeuses

La Linotype
Une Typograph de 1965

Le principe qui l'emporte finalement en matière de composition mécanisée est celui de machines qui fondent les caractères, éliminant l'usage des caractères respectant les traditions. Pour cela, il faut faire un retour en arrière, et revenir à l'idée de Louis-Étienne Herhan. En 1797, cet imprimeur, confronté au problème des blocs obtenus par moulages, qui perdaient rapidement leurs qualités, proposa de fondre non à partir des caractères, mais des matrices en creux : il n'y avait plus qu'un seul moulage, au lieu de trois. Il fallait simplement que les matrices soient dimensionnées de façon à être assemblées en lignes comme les caractères habituels. On procédait à la fonte d'une page entière, à partir des «matrices paginaires». Herhan nomma son dispositif «monotypie». À cause d'inconvénients mineurs, ce procédé n'alla pas plus loin. Mais le principe de la matrice et de la fonte de blocs allait être la clé des nouvelles machines à composer[4].

Article détaillé : Linotype.
Article détaillé : Monotype (machine) .

Photocomposition

Article détaillé : Photocomposition.

Impact social

Comme l'ensemble des innovations qui augmentent la productivité, les machines à composer provoquent des pertes d"emploi et des mutations. Ce phénomène est sensible avec la naissance des Linotypes. Les machines précédentes, peu répandues, exigent toujours deux à trois opérateurs. Dans la totalité les composeuses provoquent moins de troubles sociaux que l'arrivée des presses mécaniques dans les années 1830. Mais dès le début, et c'est un argument souvent mis en avant par les fabricants, on peut désormais confier le travail à des femmes ou même à des enfants. Les arguments sont le plus souvent la facilité du travail, le peu de pénibilité (on peut désormais travailler assis). En réalité, l'argument non déclaré mais idéalement compris est que les salaires des femmes ou des enfants sont beaucoup inférieurs à ceux des hommes. La profession est , généralement, particulièrement misogyne[5] et les typotes, si elles existent, sont plutôt mal reconnues. La place des femmes aux claviers se fait lentement[6]. Au début du XXe siècle, un jugement en appel relaxe un imprimeur de Grenoble de l'accusation d'avoir employé sept femmes à la conduite de Linotypes, au mépris d'un article de 1897 conçu pour les protéger des intoxications par le plomb (on fait valoir qu'il ne s'agit pas de plomb, mais d'un alliage !) [7].

Notes

  1. Richard E. Huss, The Development of Printers'Mechanical Typesetting Methods, 1822-1925, University of Virginia, 1973, 307 p.
  2. L'Illustration, mars 1842, «Industrie, Des claviers typographiques», [1]
  3. Maurice Audin, Histoire de l'Imprimerie, p. 317
  4. Maurice Audin, Histoire de l'Imprimerie, p. 315
  5. Voir Eugène Boutmy, Dictionnaire de l'argot des typographes, article «Compositrice». Wikisource : [2]
  6. Pierre Cuchet, Études sur les machines à composer, introduction, p. 15
  7. Pierre Cuchet, p. 17

Sources

Bibliographie

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