Papier d'amate

Le papier d'amate sert à désigner une sorte de papier, fabriqué à partir de fibres végétales, en usage dans les cultures mésoaméricaines.



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Mésoamérique - Papier - Matériel d'écriture

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  • Codex de Maya (singulier codex) se plient livres provenir Pré-Colombien Civilisation... la force étant le sauvage arbre ou Amate (glabrata de Ficus).... Le codex est écrit sur une longue feuille de papier qui «écran-est plié» pour... (source : worldlingo)
  • Le papier d'amate mexicain (écorce de ficus). papier mexicain, Codex, Mexique, XVIe s. Certains peuples de Mésoamérique, tels les Aztèques et les Mayas, ont employé, hormis des peaux de cerfs, des fibres végétales : celles du coton et de ... (source : classes.bnf)
Fragment du codex Huexotzinco, imprimé sur papier amate.

Le papier d'amate (de l'espagnol «papel amate», lui-même du nahuatl «amatl») sert à désigner une sorte de papier, fabriqué à partir de fibres végétales, en usage dans les cultures mésoaméricaines. Par extension il sert à désigner aussi les livres ou codex fabriqués à partir de ce papier. Les Mayas utilisaient un mot qui leur était propre, «huun», qui, à l'instar du mot nahuatl, peut désigner le papier ou le livre[1].

Fabrication

Sur la base des écrits du chroniqueur espagnol Motolinia, on a longtemps cru à tort[2] que le papier était fabriqué à partir de fibres de maguey[3]. En 1910, le professeur Rudolph Schwede procéda à un examen au miscroscope des pages du Codex de Dresde et il apparut que le papier provenait de l'écorce intérieure du ficus[1]. La chose fut confirmée ultérieurement par l'examen du Codex de Paris, du Codex de Madrid mais aussi d'autres codex mésoaméricains.

La fabrication du papier d'amate s'effectue en séparant l'écorce extérieure du ficus de son écorce intérieure. Cette dernière est mise à tremper, bouillie dans de l'eau additionée de chaux ou de soude - un procédé nommé nixtamalisation[1] - et ensuite rincée. Les fibres ainsi obtenues sont disposées sur une surface dure, croisées en double épaisseur. On les bat ensuite avec une pierre striée[4] jusqu'à ce qu'elles soient homogénéisées. Comme la surface est rugueuse, on l'enduit ensuite d'une couche de chaux ou d'amidon de manière à obtenir une surface propre à être peinte.

Usages

Stèle 15 de Yaxchilan : Face à la Dame Wak Tuun, un Serpent-vision jaillit d'un pot dans lequel brûle du papier imprégné de son sang[5]

Dans les cultures mésoaméricaines le papier servait à des fins rituelles. Imbibé de sang, de copal ou de caoutchouc, on le brûlait à titre d'offrande, une pratique on peut par exemple observer sur les linteaux 15, 17 et 24 de la cité maya deYaxchilan à l'Époque classique. Le Dominicain espagnol Bernardino de Sahagún décrit une version simplifiée de ce type de rituel chez les Aztèques à l'Époque postclassique, lors du retour d'expédition d'un marchand : «... Il se mettait en mesure, quand minuit était venu, de couper des papiers, pour les offrir en reconnaissance du secours que les dieux leur avaient donné pour le succès de leur voyage. On en coupait en quantité suffisante pour le feu et Yacatecutli, dieu des marchands. Dès que les papiers étaient prêts, l'offrande en était faite à minuit, à ces divinités en action de grâces[6] Les prêtres aztèques portaient fréquemment des costumes de papier et occasionnellement, les victimes destinées aux sacrifices humains étaient revêtues d'atours en papier.

Le papier amate servait aussi de support à des ouvrages peints, couramment connus sous le nom de codex. Les pages de ces ouvrages pliés en accordéon sont couvertes d'images et de glyphes. Ces ouvrages sont attestés archéologiquement chez les Mayas de l'Époque classique par des fragments décomposés retrouvés dans des tombes. De l'Époque postclassique, il subsiste quatre codex maya ainsi qu'à peine d'avantage de codex du Mexique central.

Survivances

Après la conquête espagnole le papier amate fut rapidement supplanté par le papier européen. La tradition fut cependant perpétuée dans certaines communautés, surtout dans le village otomi de San Pablito dans l'état mexicain de Puebla. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, des communautés nahua de la région du Rio Balsas dans le Guerrero, qui peignaient jusque là sur poterie, furent encouragés par des artistes de Mexico-City à réaliser sur ce papier otomi des peintres à destination du marché touristique[7]. Cette nouvelle forme d'artisanat rencontra un grand succès.

Annexes

Notes et références

  1. Michæl D. Cœ, L'art maya et sa calligraphie, p. 143.
  2. F. A. Peterson, Le Mexique précolombien, Petite bibliothèque Payot, p. 279
  3. Voir, entre autres, [1], [2] et [3].
  4. Mary Miller & Karl Taube, The Gods and Symbols of Ancient Mexico and the Maya. An Illustated Dictionary of Mesoamerican Religion, p. 131
  5. Linda Schele & Mary E. Miller, The Blood of Kings, Thames & Hudson, p. 178
  6. F. Bernardino de Sahagún, Histoire générale des choses de la Nouvelle-Espagne, FM/La Découverte, 1991, p. 202
  7. Annamaria Lammel, Adaptation, violence et révolte au Mexique, L'Harmattan, 2003, p. 71

Bibliographie


Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/12/2010.
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