Plume

La plume est un morceau de métal ou d'autre matière, taillé en bec, dont la forme sert à retenir une petite réserve d'encre par capillarité et qui, adapté à un porte-plume, permet de écrire ou à dessiner.



Catégories :

Arts graphiques - Matériel d'écriture

Définitions :

  • Calame corné, garni de barbes et de duvet, qui couvre le corps des oiseaux; Assemblage, amas de plumes; Plume employée comme ornement, comme parure; Plume dont on se servait pour écrire; Mine, bout d'un stylo, lame de métal pointue et fendue, en forme de bec de plume, et qu'on emploie pour... (source : fr.wiktionary)
  • plumes - D'oiseau : projets frivoles ; à écrire : vous négligez vos affaires. (source : saintsdesprits)
Plume métallique
Choix de plumes métalliques

La plume est un morceau de métal ou d'autre matière, taillé en bec, dont la forme sert à retenir une petite réserve d'encre par capillarité et qui, adapté à un porte-plume, permet de écrire ou à dessiner.

L'utilisation de la plume pour écrire est liée à l'utilisation de l'encre, contrairement aux instruments servant à graver : style, ou de déposer leur propre matière : craie, graphite. La plume est en concurrence avec d'autres instruments pour déposer de l'encre : le pinceau en Extrême-Orient et le calame au Moyen-Orient et en Afrique. Par sa forme, sa fente et sa souplesse, la plume sert à calligraphier les pleins et les déliés dont l'apprentissage a marqué des générations d'écoliers.

Les différentes sortes de plumes sont :

Histoire

Les plumes sont faites à partir de plumes d'oiseaux. Si actuellement on ne parle plus que de plume d'oie, les plumes de corbeau, de coq de bruyère et de canard étaient utilisées pour l'écriture fine et les plumes de vautour et d'aigle pour l'écriture à traits larges. La plume d'oie (d'oiseau) est connue des romains mais ils lui préfèrent le calame et elle ne s'impose qu'à partir du Ve siècle après J. -C. Elle dominera tout le Moyen Âge et la période classique. Elle disparaît quasiment à la fin du XIXe siècle.

La plume métallique apparaît dans l'Antiquité - plumes de cuivre en Égypte, plume de bronze à Rome, plumes d'or et d'argent au Moyen Âge - mais sa mauvaise souplesse et sa mauvaise tenue à la corrosion génèrée par l'encre ne lui permet pas de détrôner la plume d'oie et elle reste un objet d'artisanat et de curiosité.

Seule la naissance de nouveaux aciers ayant la résistance et la souplesse indispensable lui permettra de conquérir le monde. Ces premiers aciers sont produits à Birmingham vers 1820 et dès 1835 les plumes métalliques anglaises commencent à s'exporter dans le monde entier pour remplacer la plume d'oie et le calame.

Dès la fin du XIXe siècle, le stylographe (ou stylo-plume ou porte-plume réservoir) a ensuite concurrencé la plume pour porte-plume avec l'avantage de posséder sa propre réserve d'encre, en premier lieu sous forme d'un réservoir, puis de cartouches jetables.

Dès 1960 le stylo à bille et le stylo-feutre détrôneront la plume qui n'est plus actuellement utilisée que pour la calligraphie, le dessin et sur les stylographes

Aujourd'hui, la plume est devenue un objet de collection recherché par les calamophilistes.

Plume d'oie et d'autres oiseaux

Plume d'oie
Encyclopédie - Taille de la plume

La plume d'oiseau remplace progressivement le calame en Occident entre le VIe siècle et le IXe siècle car elle permet d'écrire en traits plus fin sur le parchemin et car sa souplesse sert à faire plus aisément pleins et déliés.

Chaque oiseau produit à peu près cinq pennes utilisables sur chaque aile : les rémiges. La tige de la plume est recouverte d'une graisse qui empêche que l'encre puisse y adhérer ; pour l'éliminer les extrémités des tiges étaient plongées dans de la cendre ou du sable chaud. Elles étaient ensuite grattées avec une lame puis laissées à vieillir pendant à peu près un an. Leur taille, dernière étape avant utilisation, nécessite une connaissance et une habileté spécifique, elle se fait avec un taille-plume.

Diderot y consacre une planche entière dans l'Encyclopédie.

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, la production, la fabrication et vente de plumes d'oies est une industrie importante en Europe. Les principaux pays producteurs sont la Pologne, la Poméranie et la Lituanie. En 1830 l'Angleterre importe vingt quatre millions de plumes et l'Allemagne cinquante millions; à elle seule la Banque d'Angleterre utilise un million et demi de plumes par an.

Plume métallique

Fabriquée de manière artisanale depuis l'Antiquité égyptienne, l'industrialisation de la plume métallique se fit de 1820 à 1840 grâce à la machine à vapeur qui permit le perfectionnement de la qualité des aciers et la mise au point des procédés de fabrication des métaux en feuille. La plume métallique devient alors un bec de plume qu'on insère dans un porte-plume.

Jusqu'à la Première Guerre mondiale, les seuls aciers utilisés pour fabriquer les plumes métalliques provenaient de Sheffield – Angleterre et étaient produits à partir de minerai de fer importé de Suède. Les aciéries livraient l'acier en feuilles d'épaisseur calibrée, laminées à chaud.

Le centre principal de production de plumes métalliques était Birmingham. Les fondateurs de cette industrie sont : Joseph Gillot – Josiah Mason – les frères John et William Mitchells – James Perry.

En France une industrie se développa sur le chemin d'importation des plumes anglaises à Boulogne-sur-Mer grâce à : Pierre Blanzy et Eugène Poure (compagnie Blanzy-Poure) en 1846 d'une part et François Lebeau (Société Lebeau aîné) en 1856. Camille Baignol et Ferdinand Farjon, les deux gendres de François Lebeau prendront la suite avec l'entreprise "Baignol et Farjon".

Les étapes de fabrication des plumes sont :

  1. le découpage à la presse dans les bandes tirées des feuilles d'acier
  2. le perçage des jours où aboutira la fente
  3. le marquage des inscriptions
  4. un recuit pour rendre l'acier plus malléable
  5. l'estampage pour imprimer un motif en relief
  6. le formage pour donner sa forme cylindrique à la plume
  7. une trempe et un recuit pour obtenir la dureté et l'élasticité voulue
  8. un nettoyage
  9. un aiguisage pour effiler le bec de la plume
  10. la découpe de la fente à la presse (l'opération la plus délicate)
  11. un polissage
  12. un vernissage pour protéger la plume de l'oxydation
Boites de plumes en carton
Boites de plumes en métal
Plumes figuratives

Les plumes sont ensuite mises en boite, ces boites sont en carton et illustrées, elles contiennent le plus souvent une grosse (144 plumes). D'autre conditionnements sont utilisés, boîtes métalliques puis en matière plastique avec des contenus adaptés au marché, 5, 10, 24, 100 plumes.

Cette activité employait une très importante main d'œuvre, surtout féminine (5000 personnes à Birmingham en 1850 pour une production annuelle qui dépassait le milliard de plumes).

La plume devenant un objet de consommation courante, la concurrence entre les fabricants a entraîné le besoin de se différencier et d'attirer le consommateur. Les plumes prennent des formes diverses. Elles prennent aussi des noms divers :


Plumes Sergent Major, Ballon, J
Penna corona


Chaque pays a sa plume préférée, utilisée dans les écoles.




La plume métallique pour porte-plume disparaît comme objet de consommation courante à partir des années 1960.

Au début du XXe siècle chaque fabricant propose plusieurs centaines de modèles, en 1966, Blanzy-Conté-Gilbert (un des derniers fabricant français) n'en propose plus que 50, en 1970 : 20 et en 1979 : 4.

Aujourd'hui il ne subsiste que quelques fabricants dans le monde qui produisent des plumes pour le dessin et quelques modèles pour l'écriture, vendus comme outils pour les calligraphes ou comme objets de curiosité.

Plume de Stylographe

Plumes de stylographe

La plume de stylographe ou stylo-plume, est faite d'acier ou d'or; d'autres métaux précieux sont aussi utilisés. Pour lui assurer une bonne résistance à l'usure, l'extrémité du bec est quelquefois réalisé en iridium.

Autres plumes

Plume de verre
Stylo à plume de verre

D'autres matériaux ont été utilisés pour fabriquer des plumes.

Le celluloïd a permis de faire des plumes souples et résistantes à la corrosion mais fragiles. Leur forme est copiée sur celle des plumes métalliques.

Le verre a permis de faire des plumes qui résistent idéalement à l'agressivité de l'encre mais elles sont particulièrement fragiles. La plume de verre n'a pas la forme des plumes métalliques mais est constituée d'un ensemble de fils de verre fréquemment torsadés entre lesquels l'encre monte par capillarité. Elles ne permettent pas de faire des pleins et des déliés et produisent une écriture fine et uniforme. Elles furent particulièrement prisées en Grande-Bretagne à la fin du XIXe siècle. Elles furent réutilisées dans les stylos à plume rentrante dans le premier quart du XXe siècle. Elles ont toujours produites actuellement en Italie comme objet décoratif et cadeau.

Références externes

Bibliographie

Recherche sur Amazon (livres) :



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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/12/2010.
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